20 octobre 2006

égalité

Israël :
les villages arabes veulent une indemnisation identique à celle des villages juifs


Irin

publié le jeudi 19 octobre 2006.


Tel Aviv - Les commerçants et entrepreneurs de quatre villages arabes du nord d’Israël attendent la décision du tribunal sur l’obtention de la même indemnisation intégrale que leurs homologues israéliens juifs pour les dommages subis récemment durant la guerre entre Israël et la branche armée du Hezbollah, parti politique du Liban.


Les organisations arabes d’Israël disent que le conflit Israël/Hezbollah [du 12 juillet au 14 août] a frappé plus durement les communautés arabes car elles étaient généralement pauvres. Les villages de Arab al-Aramshe, Fasuta, Ma’alia et Jesh ont subi de sérieux dommages pendant le conflit mais on leur refuse l’indemnisation intégrale qui est attribuée au villages juifs voisins.

« Je suis très pessimiste. J’ai perdu environ 215 000 shekels [environ US $ 50 580 ou 40 400 €] parce que j’ai dû arrêter mon affaire pendant la guerre. Maintenant, il est presque impossible de continuer » dit l’opticien Abeer Shehada, un israélo-arabe d’âge moyen. « J’habite à Jesh, juste à quelques kilomètres du Liban. Si j’habitais dans un village juif si près de la frontière, je recevrais toute l’indemnité mais parce que je suis à Jesh, je ne l’ai pas. » ajoute Sheada dont la maison a été touchée par un missile, de même que son commerce.

Il y a plus d’un million d’Israélo-arabes en Israël qui représentent environ 20% de la population. Environ 600 000 d’entre eux vivent dans le nord d’Israël, ils ont subi de lourds dégâts par les 3 970 roquettes tirées par le Hezbollah pendant le conflit.

L’organisation Adalah qui défend les droits de la minorité israélo-arabe a déposé un dossier judiciaire au nom des 4 villages arabes exigeant du gouvernement de modifier sa position n’accordant qu’une indemnisation partielle et non totale. « Les missiles du Hezbollah n’ont pas fait de distinction entre les Arabes et les Juifs, il n’y a alors aucune raison pour que les indemnités en fassent » dit l’avocat d’Adalah, Sawsan Zaher.

« Il n’y a aucun abri contre les bombardements dans toutes les villes arabes du nord d’Israël - même pas à Nazareth [qui compte une population globale de 60 000 habitants] » dit le Dr Basil Ghattas, directeur général de la société Galilée qui milite pour l’égalité des droits médicaux, environnementaux et socio-économiques pour les Israélo-arabes.

Selon la fédération des Chambres de commerce israéliennes, les entreprises du nord d’Israël ont perdu 5,9 milliards de shekels israéliens en revenus [US $ 1,4 milliard ou 1 milliard 100 millions €] du fait de la guerre.

Ghattas précise que la guerre a « eu un impact énorme sur les communautés arabes dans le nord parce qu’elles étaient d’avance plus vulnérables. Elles ont des taux de chômage élevés et sont toujours les premières à être touchées si les commerces ont à souffrir d’un conflit - comme c’est arrivé cette fois-ci. » « Beaucoup de petites entreprises arabes ont été sévèrement pénalisées car la région entière s’est trouvée en permanence sous l’agression, par exemple les restaurants qui étaient prisés par les touristes » dit-il.

Le système d’Israël pour payer les indemnités après le conflit avec le Hezbollah libanais est compliqué. Dans les années 1970, les villes israéliennes proches de la frontière libanaise avaient reçu le statut de villes frontière. Ceci donnait droit aux entreprises de ces villes à une indemnisation intégrale si une guerre interrompait ou endommageait les commerces, y compris les dommages matériels et les annulations de contrats, de même que les charges d’impôts ou de loyers. Le 31 juillet, le gouvernement israélien a dressé une nouvelle liste des villes frontières dans tous les secteurs touchés par les roquettes du Hezbollah, dont des cités comme Haïfa et Nazareth. Mais les commerçants et entrepreneurs dans les villes de la nouvelle liste peuvent n’avoir droit qu’à des indemnités partielles, selon que leur personnel a pu continuer à travailler ou non pendant la guerre.

Adalah soutient que le même régime d’indemnisation doit exister pour tous les commerces dans le nord d’Israël car la répartition des tirs de missiles était uniforme. Le litige est maintenant devant la Cour suprême israélienne où le gouvernement israélien doit défendre sa position le 30 octobre.

Selon Yariv Ovadin, porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien, c’est à la Cour de rendre sa décision sur l’indemnisation maintenant. « Il appartient aux juges de décider. Nous avons un système très bien établi, très utile pour les minorités » dit Avadin qui ajoute qu’Israël n’a fait aucune discrimination à l’encontre de la minorité arabe. « Je rejette absolument les allégations de racisme ». « Ce conflit contre le Hezbollah est le premier cas où nous avons été confrontés à des bombardements des villes arabes. Personne n’avait imaginé qu’une telle chose se produirait. Il a été surprenant de voir des citoyens arabes bombardés par un ennemi arabe, cela n’était jamais arrivé auparavant. » « Je suis sûr que la situation à propos des abris anti-bombardements dans les secteurs arabes va changer. Il peut y avoir eu un mauvais calcul de la part du gouvernement mais pas sur une base raciste » dit Ovadin. Et il ajoute : « Tout le réseau d’abris contre les bombardements a été négligé. Dans des villes juives comme Kiryat Shmona, il n’y a eu aucun travaux de faits sur les abris depuis 15 ans - nous pensions que les jours de missiles étaient derrière nous ».

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Cet article est publié via IRIN, service humanitaire d’information et de nouvelles des Nations unies, mais il ne reflète pas nécessairement les opinions des Nations unies ou de ses agences. IRIN est un projet de l’ONU pour la coordination des affaires humanitaires.

Voir aussi l’article de Jonathan Cook : "Israël se sert-il des villages arabes comme de boucliers humains ?" publié le 21 juillet.

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