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Agences, radios et télévisions
La stratégie médiatique états-unienne 1945-2005
par René Naba

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont déployé un système sans précédent de propagande. À travers des structures comme le Congrès pour la liberté de la culture, ils ont corrompu les élites intellectuelles occidentales. Puis, instrumentalisant la liberté de l’information, ils ont noyé le monde sous leur point de vue unique, grâce à de puissantes agences de presse et à un gigantesque maillage de radios profanes et religieuses, ainsi que le révèle René Naba dans son dernier livre, Aux origines de la tragédie arabe, dont nous reproduisons un extrait.




14 décembre 2006

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Du bon usage des principes universels

Les grands principes universalistes découlent rarement de considérations altruistes. Ils répondent davantage à des impératifs matériels. Il a en a été ainsi du principe de la liberté de la navigation brandie par l’Angleterre au XVIIe et XVIIIe siècles pour assurer sa suprématie maritime et partant son hégémonie commerciale à l’ensemble de la planète. Il en a été de même du mot d’ordre de libre-échange décrété par les pays occidentaux au XIXe et XXe siècles pour contraindre la Chine à écouler les marchandises occidentales sur son marché intérieur au nom de la « politique de la porte ouverte ». Il en sera de même du « principe de la liberté d’information » fermement défendu par les États-Unis, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale pour assoir leur suprématie idéologique dans les quatre domaines qui conditionnent la puissance : politique, militaire, économique et culturel.

Dansleur bataille idéologique pour la conquête de l’imaginaire des peuples, gage essentiel de la pérennité d’une nation, les États-Unis développent un argumentaire reposant sur une double articulation, un argument intellectuel, le principe de la liberté de la circulation de l’information et des ressources, un argument pratique, le fait que les États-Unis soient la seule grande démocratie au monde à ne disposer ni d’un ministère de la culture, ni d’un ministère de la communication, preuve irréfutable, selon eux, d’un régime de liberté.

Présenté comme l’antidote absolu au fascisme et au totalitarisme, le principe de la liberté de l’information, constitue un des grands dogmes de la politique états-unienne de l’après-guerre, son principal thème de propagande. C’est une formidable machine de guerre qui répond à un double objectif. Briser, d’une part, le cartel européen de l’information, principalement le monopole britannique des câbles transocéaniques qui assure —via Cable and Wireless— la cohésion de l’Empire et confère une position de prépondérance à l’agence britannique d’information Reuter’s, accessoirement la prééminence de l’Agence française Havas, la future Agence France Presse (AFP) en Amérique latine, zone d’intérêt prioritaire des États-Unis.

Neutraliser, d’autre part, toute critique par l’élimination de toute concurrence européenne qui pourrait présenter les États-Unis en termes peu flatteurs aux lecteurs, l’image dévalorisée de l’Américain cow-boy mâcheur de chewing gum, ou plus grave la ségrégation raciale et les lynchages du Klu Klux Klan ou encore le grand banditisme de l’époque de la prohibition. Sous une liberté apparente perçait déjà le contrôle. Toute une littérature va théoriser ce principe de liberté de l’information et donner un habillage moral à une politique d’expansion [1].

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William Benton

L’un des plus éloquents théoriciens en la matière sera William Benton, ancien sous-secrétaire d’État du président démocrate Franklin Roosevelt, promoteur du « New Deal ». Benton qui présidera la prestigieuse publication Encyclopaedia Britannica, dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale, invitera les États-Unis à « faire tout ce qui est en leur pouvoir » pour briser les barrières artificielles qui s’opposent à l’expansion des agences américaines privées, des magazines, des films et autres moyens de communication.

La liberté de la presse et la liberté de l’échange de l’information font partie intégrante de la politique étrangère états-unienne, soutient-il estimant que le contrôle mondial des communications favorise les débouchés d’exportation [2]. Sous les grands principes percent déjà des objectifs matériels.

Quant à l’argument pratique, l’absence de structure ad hoc de propagande, le fait est fondé, mais doit être nuancé. Certes il n’y a ni ministère de la culture ni ministère de la communication dans le gouvernement des États-Unis, mais, dans cette bataille idéologique, les États-Unis pratiquent, non l’attaque frontale mais l’entrisme, une stratégie de contournement périphérique, une diplomatie multilatérale instrumentalisant les organisations internationales à vocation universelle ou spécifique, doublée d’une diplomatie parallèle de ses agences spécialisées : la CIA (agence centrale du renseignement) et les Fondations philanthropiques pour le blanchiment des fonds [3].

Que ce soit l’ONU, L’UNESCO, le Conseil économique et social de l’ONU ou l’Organisation interaméricaine, toutes auront inscrit dans leur charte « le principe de la liberté de l’information ». Toutes, peu ou prou, auront fait office de tribune pour la propagation de la doctrine états-unienne de la libre circulation de l’information. Qu’on en juge. La chronologie suffit à fonder cette affirmation. En septembre 1944, le Congrès des États-Unis officialise cette politique par une motion proclamant « le droit mondial à l’information pour les agences qui recueillent et font circuler l’information, sans discrimination », un droit qui sera protégé par le Droit international public.

Cinq mois après la motion du Congrès, la Conférence interaméricaine de Mexico adopte à son tour une résolution sur le libre accès à l’information (février 1945), suivie quatre mois plus tard de la Conférence de San Francisco portant création de l’ONU (juin 1945), puis du Conseil économique et social de l’ONU qui inclue la résolution dans sa charte en février 1946. Puis, le principe de la liberté de l’information reçoit une consécration officielle lors de la première session de la conférence générale de l’UNESCO à Paris (novembre 1946), suivi un mois plus tard par l’Assemblée générale de l’ONU qui proclame « La liberté de l’information, droit humain fondamental, impliquant le droit de rassembler, de transmettre et de publier des nouvelles partout sans entraves » (14 décembre 1946). Le temps n’est pas encore au journalisme embedded, ombiliqué à l’armée, imbriqué aux sources de l’administration, pratiqué lors de l’invasion anglo-saxonne de l’Irak en 2003, pour des raisons de « sécurité nationale ».

En deux ans, la structure de la diplomatie multilatérale de l’après-guerre est verrouillée par ce principe. Les États-Unis réussissent à le faire figurer dans la charte des cinq grandes organisations internationales (ONU, UNESCO, ECOSOC (Conseil Economique et Social), Organisation interaméricaine et l’Assemblée générale de l’ONU). L’ONU compte à l’époque cinquante cinq membres, le quart du nombre actuel avec une majorité automatique pro-occidentale composée de pays européens et latino-américains sous la férule états-unienne. Tous les grands États du tiers-monde en sont absents. La Chine continentale est boycottée au profit de Taiwan, l’Inde et le Pakistan, les deux nouvelles puissance nucléaires d’Asie sont sous domination anglaise de même que le Nigeria et l’Afrique du Sud, les deux géants de l’Afrique, nouveaux candidats au titre de membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, tandis que le Maghreb et l’Afrique occidentale se trouvent, eux, sous contrôle français.

Les États-Unis, qui disposent pendant une quinzaine d’années d’une majorité automatique, ne la dénigrent que lorsqu’elle rejoint le camp adverse, le bloc neutraliste soutenu par le camp soviétique. Elle refuse en conséquence de verser sa cotisation pendant une dizaine d’années.

Le déploiement sur le théâtre euro-méditerranéen

Ce corpus doctrinal est animé par le Congrès pour la liberté et la culture doublé sur le terrain d’une structure d’appoint de propagation thématique en application d’une stratégie de maillage planétaire dite de « global connexion » constitué d’un réseau enchevêtré de radios profanes, de radios religieuses et de publications périodiques animées par des prestigieuses personnalités sur les principaux théâtres de la confrontation Est-Ouest, avec un ciblage particulier sur l’ensemble arabe

Le Congrès pour la liberté et la culture (1950-1967)

Fer de lance de la guerre idéologique anti-soviétique, le Congrès est constitué d’un rassemblement hétéroclite de transfuges du bloc soviétique, d’intellectuels occidentaux, anciens compagnons de route du Parti communiste ou de simples intellectuels épris de reconnaissance sociale ou de bien être matériel [4]. Sa propagande vise tout autant à dénoncer le matérialisme marxiste qu’à sensibiliser les esprits, sur le plan du conflit du Proche-Orient, à un arrimage d’Israël au système d’alliance du monde occidental.

Ponctionnant 5 % du budget du Plan Marshall, soit près de 200 millions de dollars par an, le Congrès finance la publication de dizaines d’ouvrages au succès retentissant notamment New Class, une étude sur l’oligarchie yougoslave réalisée par le dissident anti-Tito et Docteur Jivago de l’écrivain russe Boris Pasternak ou encore L’Art de la Conjecture du royaliste français Bertrand de Jouvenel.

Parmi les principaux animateurs du Congrès figuraient ainsi Sol Lovitas, ancien collaborateur de Léon Trotski, le fondateur de l’Armée Rouge, désormais recyclé à la tête de l’influente revue Partisan Review, Nicolas Nabokov, fils du musicien Vladimir Nabokov ainsi que de l’écrivain Arthur Koestler, dont la CIA assure la promotion de son livre-culte Le Zéro et l’Infini achetant en sous main plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires pour en faire un succès de librairie avec les retombées éditoriales inhérentes. Ce qui fait la gloire de cet ancien communiste hongrois, ancien kibboutznik israélien qui se suicide à Londres, point ultime de son parcours cahoteux.

Le Congrès complète son travail de pénétration par un maillage éditorial sur tous les continents, finançant l’édition de quinze publications aux avants postes de la Guerre froide. En France, le Congrès bénéficie notamment du relais de deux institutions : Force ouvrière (FO), la formation syndicale dissidente de la CGT (Confédération générale du travail), la principale centrale ouvrière communiste française de l’époque, et l’équipe du journal conservateur Le Figaro autour de Pierre Brisson, ami du sociologue Raymond Aron [5] et de Nicolas Nabokov ainsi que du concours d’André Malraux, ancien ministre de la culture de Charles de Gaulle.

Annie Kriegel, éditorialiste du Figaro, passe ainsi de l’ultra-stalinisme à l’ultra-sionisme sans le moindre sas de décompression, trouvant dans ce quotidien une tribune appropriée à ses nouvelles diatribes anticommunistes, à la mesure des panégyriques passés en faveur de la « Patrie des travailleurs ». Épousant un cheminement intellectuel analogue, son neveu par alliance, Alexandre Adler, lui succède trente ans plus tard dans cette même fonction tribunicienne au sein de ce même journal, fustigeant à longueur de colonnes le nouvel ennemi public universel le « fascisme vert », que son collègue éditorialiste Yvan Rioufol désigne par le terme stigmatisant de « nazislamisme » [6]

Outre Annie Kriegel, deux autres personnalités se sont distinguées dans ce dispositif pendant un demi-siècle par leur rôle prescripteur de l’opinion occidentale particulièrement à l’égard du conflit israélo-arabe et de la question palestinienne : Walter Laqueur et Claire Sterling [7]. Natif de Pologne, en 1921 à Breslau (Wroclaw actuellement), naturalisé anglais, collaborateur de la revue Commentary et de The Public Interest fondé par son ami Irwing Kristoll, père de William Kristoll junior, un des théoriciens du néo-conservatisme de l’administration George Bush Jr. lors de la guerre d’Irak (2003) et de « la destinée manifeste des Etats-Unis », Walter Laqueur représente à Tel-Aviv pendant toute la durée des 17 ans de son fonctionnement le Congrès pour la liberté et la culture. Il contribue largement à cimenter un partenariat stratégique entre Israël et le « Monde libre », notamment les États-Unis et l’Europe occidentale à travers une série d’ouvrages répercutés par l’ensemble du réseau des quinze publications du Congrès sur tous les continents. En Europe, notamment à Berlin et Vienne, les deux lieux de transit privilégiés du monde interlope des transfuges, des exfiltrés et des agents double, à Rome, siège du parti communiste le plus important d’Europe occidentale, le Parti communiste italien animé par des dirigeants de légende tels Palmiro Togliatti et Enrico Berlinguer, ainsi qu’à Beyrouth, traditionnelle caisse de résonance des turbulences arabes, via une publication en langue arabe Al-Hiwar (Le Dialogue) qui assure la propagation des thèses du Congrès à destination de l’ensemble arabo-musulman.

Auteur de plusieurs ouvrages notamment La Génération Exodus , Mourir pour Jérusalem, « La Tentation neutraliste, Walter Laqueur co-préside, à 85 ans, le Conseil de la recherche internationale rattaché au CSIS de New York [8]. Ses plus récents écrits portent sur la nouvelle thématique idéologique de ses amis néo-conservateurs : Une Guerre sans fin, le terrorisme au 21ème siècle, ainsi qu’un ouvrage dont l’ambition cachée est de faire le tour de la question sur l’un de sujets d’actualité les plus violemment controversés de l’époque contemporaine : Les Voix de la terreur : manifestes, écrits, Al-Qaïda, Hamas et autres terroristes à travers le monde, à travers les âges.

Claire Sterling, (1918-1995), trône, elle, pendant un demi-siècle sur le Reader’s Digest, l’un des principaux vecteurs souterrains de la guerre culturelle menée par les services états-uniens. Grande théoricienne de la criminalité transnationale, elle assume une fonction de diversion, pratiquant avec un art consommé la « technique de l’enfumage », poussant des contre-feux médiatiques pour détourner l’attention sur les propres turpitudes de son camp.

Elle s’applique ainsi à dénoncer régulièrement la pieuvre mafieuse [9], pour mieux occulter l’une des plus grande entreprises criminelles du monde, le système Clearstream, système de compensation bancaire du Luxembourg chargé du blanchissement des opérations douteuses des grandes démocraties occidentales [10] ou encore pour occulter l’instrumentalisation de la commercialisation de la drogue pour le financement des opérations clandestines des services états-uniens en Amérique latine.

Diffusé en dix sept langues dans 160 pays, le Reader’s Digest popularise les analyses de Claire Sterling autoproclamée grande spécialiste du terrorisme moyen-oriental dans son ouvrage The terror network (Le Réseau terroriste) », exerçant de ce fait une sorte de monopole de l’intimidation par l’expertise [11]. Sous couvert de professionnalisme, Claire Sterling et Walter Laqueur auront alimenté régulièrement les revues spécialisées subventionnées par la CIA de chroniques dont le contenu est puisé directement auprès de leur bailleur de fonds.

Préfiguration de l’endogamie contemporaine entre pouvoir politique et pouvoir médiatique, le Congrès pour la Liberté et la Culture pratique à grande échelle l’autolégitimation d’une pensée homogénéisée où l’expert ne se reconnaît pas à la qualité de ses recherches mais à sa fréquentation assidue des forums médiatiques ; où l’intellectuel décrété comme tel mène une réflexion conforme à la politique éditoriale des médias dont il est l’invité précisément afin d’accréditer la pensée qu’ils propagent.

À coups de manipulation, de falsifications, de prévarications, une large fraction de l’élite intellectuelle occidentale aura ainsi sombré dans les travers qu’elle dénonce aujourd’hui comme étant l’une des plaies du tiers-monde. De l’autopromotion des experts à l’autosuggestion des thèmes, à l’intimidation par une prétendue expertise, « l’Amérique », héraut du « Monde libre », aura utilisé avec les complicités européennes et la vénalité de certains leaders d’opinion contre le totalitarisme, les méthodes mêmes du totalitarisme.

Les radios profanes : un tir de saturation

Le dispositif médiatique mis en place pour mener de pair le combat contre le communisme, sur le plan international, et le combat contre l’athéisme, sur le plan arabo-musulman, répond à un objectif qui relève dans la terminologie militaire du « tir de saturation tous azimuths ». Si sur le plan idéologique, Radio Free Europe est au premier rang des instruments de la guerre psychologique contre le bloc soviétique en sa qualité de principal retransmetteur de la production intellectuelle du Congrès pour la liberté et la culture », Voice of America est, quant à elle, le vecteur d’accompagnement de la diplomatie états-unienne, alors que les radios religieuses font office de levier de sensibilisation des groupes ethnico-communautaires de confession chrétienne dans la zone euro-méditerranéenne.

Par l’entremise de Radio Free Europe, l’es États-Unis assurent une pleine couverture de l’Europe orientale et des républiques musulmanes d’Asie centrale, servant d’amplificateur aux débats et grandes manifestations artistiques ou culturelles, les éditoriaux et analyses confectionnés dans les publications satellites. Soutenue intellectuellement et matériellement par la puissante Freedom House [12] , bras armé de la propagande gouvernementale et de la droite conservatrice internationale, Radio Free Europe Radio liberty Inc, basée à Prague (République tchèque), dipose pendant 40 ans de cinq sites d’émission en Europe, dont trois en Allemagne et de 54 fréquences. Radio Free Europe a un prolongement sur le continent latino-américain Radio TV Marti (anti-cubaine) et en Asie, Radio Free Asia.

Avec Voice of America (VOA), ces trois vecteurs relèvent au sein de l’administration américaine de l’International Broadcasting Bureau (IBB), disposant de vingt sites de retransmission dans le monde dont trois dans les pays arabes (Maroc, Koweït, Émirats Arabes Unis) ainsi qu’en Albanie, en Grèce, au Sri Lanka, en Allemagne, au Portugal et en Espagne.

Voice of America est le premier vecteur trans-régional en termes de puissance. Il dispose pour le secteur Méditerranée-Océan Indien de 24 émetteurs totalisant une puissance de feu inégalée de 9.100 KW et de 83 fréquences réparties sur trois sites d’émission. Deux d’entre eux (Rhodes et Kavala (nord de la Grèce) sont destinées au secteur Moyen-Orient/Asie Centrale, le troisième, Tanger, pour le Maghreb, les Balkans et la Méditerranée occidentale. Ce dispositif est complété par deux retransmetteurs installés dans deux principautés pétrolières, le Koweit et les Émirats Arabes Unis. À cela s’ajoutent les nouveaux vecteurs crées à l’occasion de la Deuxième Guerre contre l’Irak en 2005, Radio Sawa (Ensemble), la chaine de télévision Hurra (Libre). Toujours en Méditerranée, les États-Unis aménagent, tant en Italie qu’en Grèce, deux centres régionaux radiophoniques pour la production des programmes à l’intention des troupes stationnées dans le cadre de l’OTAN, à Héraklion (Grèce), siège de l’Armed Forces Radio and TV Service Air Force European Broadcasting Squadron et à Vicenza (Italie), siège du Southern European Broadcasting Service.

Le Congrès fonctionne pendant dix sept ans jusqu’à la Troisième Guerre israélo-arabe de juin 1967. Il passe ensuite la main aux prédicateurs électroniques dont le zèle prosélyte va se conjuguer au lobbying de la politique sioniste des organisations juives états-uniennes pour conduire Washington à s’engager dans un soutien sans faille à Israël. États-uniens et Israéliens s’appliquent alors à promouvoir une « idéologie des Droits de l’Homme », selon l’expression de l’historien Peter Novick [13], comme arme de combat contre le totalitarisme communiste, dans un premier temps, contre le totalitarisme islamique, dans un deuxième temps, après l’effondrement du bloc soviétique.

Le prosélytisme religieux : les prédicateurs électroniques

Aux radios profanes se sont superposées une vingtaine de grandes corporations radiophoniques religieuses disposant de moyens financiers et techniques sans équivalent dans les deux tiers des pays de la planète, dont les motivations ne paraissent pas toujours répondre à des considérations exclusivement philanthropiques.

S’appliquant à porter quotidiennement la « Voix du Seigneur » à travers le monde dans l’espoir problématique de gagner de nouvelles ouailles à la cause de leur propre dieu, ces prédicateurs électroniques nourrissent une prédilection particulière pour les foyers de tension (Sud du Liban, Sud du Soudan) et les minorités ethnico-religieuses des pays fragilisés par les dissensions intestines (Arméniens, Kurdes, Berbères) et, depuis l’invasion de l’Irak, en 2003, pour le nord kurdophone irakien. Tel est le cas de IBRA Radio (International Broadcasting Radio) qui anime au Moyen-Orient vers le Sud du Liban et la zone frontalière libano-israélienne une antenne locale onde courte pour les émissions de la station High Adventure alors que le Sud du Soudan, peuplé de chrétiens et d’animistes en rébellion contre le gouvernement islamique de Khartoum, est alimenté par les programmes de “Radio Elwa”, dirigée depuis Monrovia (Libéria) par des missionnaires anglo-saxons.

Au premier rang de ces corporations radiophoniques se place Trans World Radio (TWR), suivie d’Adventiste World Radio (AWR), FEBA Radio, IBRA Radio, WYFR-Family Radio, Monitor Radio et Nexus IBD. À l’exception de Radio Vatican (1555 KW, 36 fréquences, 33 langues) et d’une minuscule radio orthodoxe, Radio Trans Europe, toutes les grandes radios religieuses sont d’inspiration anglo-saxonne.

Toutefois par son ampleur et ses capacités, Trans World radio (TWR) constitue la première radio planétaire transfrontière de surcroît religieuse. Pionnière en la matière, TWR assure des émissions en 100 langues dans des idiomes négligés par les majors occidentales, dont elle apparaît dans les nouvelles terres de mission, les zones d’évangélisation d’Afrique et d’Asie, comme un utile instrument d’appoint. Disposant de neuf relais terrestres dont cinq en Europe (Albanie, Monaco, Pays-Bas, Chypre et Russie) deux en Asie (Ile de Guam et Sri Lanka) un en Afrique (Swaziland) et un en Amérique latine (Uruguay), TWR gère les émissions des trois sites méditerranéens (Albanie, Monaco et Chypre) depuis Vienne (Autriche) et aligne, rien que pour l’Europe, une puissance substantielle (1500 KW, 14 fréquences et des émissions en 30 langues), supérieure à bon nombre de radios occidentales. Vers la rive sud de la Méditerranée, TWR assure des émissions en 21 langues dont le Kurde, le Berbère, ainsi que les langues des pays méditerranéens. À Chypre, à la suite des programmes de RMC Moyen-Orient et à partir des antennes de la radio française [14], TWR assure des émissions religieuses nocturnes en trois langues (Arabe, Farsi, Arménien) sur ondes moyennes en direction des principaux pays musulmans. À travers les sites de Remoules (Sud de la France) et de Cap Greco (Chypre), grâce à sa coopération avec RMC France et RMC-MO, TWR jouit d’un avantage incomparable celui d’émettre en ondes moyennes lui assurant un bon confort d’écoute dans une zone qui abrite le centre historique de l’Islam et les principales réserves énergétiques mondiales. Deux autres radios religieuses participent de ce verrouillage médiatique : Adventist World Radio (AWR) et FEBA (Far East Broadcasting Association-Missionary) : Adventist World Radio dispose, pour sa part, pour l’Europe de 16 fréquences pour des émissions en 17 langues dont l’arabe (5 heures), l’anglais (6 heures dont 3 vers le Moyen-Orient), le français (5 heures en direction du Maghreb et de l’Afrique), le Farsi (2H), l’Urdu et le Hindi (2 heures chacun).

À titre indicatif, les radios religieuses anglo-saxonnes assurent 9 000 heures de programmes par mois, soit près de 10 fois plus que Radio Le Caire, le principal vecteur arabe du plus grand pays arabe, l’Égypte, qui abrite la plus forte densité de population (75 millions). En comparaison, The Friend of Israël Gospel Ministry, Église baptiste états-unienne, diffuse des émissions en faveur d’Israël sur 700 stations états-uniennes et publie la revue Israël My Glory dans 151 pays, collectant, rien qu’en 2005, des dons d’un montant de 8,5 millions de dollars en faveur de l’État hébreu [15].

À journées faites, sans interruption, et rien qu’en Méditerranée, pas moins de 2500 KW diffusent des programmes sur une vingtaine de fréquences dans toutes les langues du puzzle humain de la sphère arabo-musulmane, sans parler naturellement de Radio Vatican, la radio officielle de la chrétienté catholique. Relayant en programmes religieux les émissions profanes des vecteurs internationaux, les médias des grandes corporations religieuses optimisent ondes et fréquences saturant comme pour l’aseptiser de toute pollution anti-occidentale l’espace hertzien au point de donner l’impression à un passager d’un vol de nuit d’être propulsé aux confins du Paradis, bercé par Le Cantique des cantiques. Longtemps avant l’émergence des fedayins palestiniens dans le paysage arabe, bien longtemps avant Oussama Ben Laden, bien des décennies avant la désignation du « péril islamiste » comme la menace majeure du XXIe siècle, quotidiennement, invariablement, inlassablement, telle une symphonie pastorale s’élançant des îles de la Méditerranée vers l’espace arabo-musulman, les incantations divines de la liturgie occidentale avec une méticulosité monacale.

En tout temps, en tout lieu, en toute langue, l’aspersion est continue, l’intensité diluvienne. Sans exception, toutes les îles au nom si évocateur de paradisiaques vacances : Chypre, Malte, Rhodes, la Crête, la Sicile, toutes sont mobilisées pour prêcher la bonne parole. Toutes y compris le promontoire de Gibraltar et la sérénissime enclave de Monaco. De quoi combler d’aise le souverain marocain très sourcilleux sur les croyances de ses fidèles sujets, justifier les imprécations des Algériens contre le parti de l’étranger ou celles des théologiens de Qom contre le « Grand Satan états-unien » ou celle des islamistes salafistes sur « une nouvelle croisade occidentale ». Ainsi se nourrit l’imaginaire collectif des populations exacerbées.

 René Naba




[1] Parmi les ouvrages préconisant la liberté d’information, citons Barriers Down (Abattre les frontières) de Kent Cooper, directeur exécutif de l’agence états-unienne Associated Press, Farrar & Rinehart éd., 1942, ainsi que la contribution de James Lawrence Fly, président de la Federal Communications Commission (équivalent états-unien du CSA français) « A free flow of news must link the nations », Free World, Volume VIII, Août 1944. Bibliothèque du Congrès.

[2] « La propagande culturelle au service des Affaires », Herbert Schiller, professeur à l’Université de Californie à San Diégo, in Manière de voir n°47 (Cinquante années qui ont changé notre Monde), avril -mai 2004.

[3] « La Fondation Ford, paravent philanthropique de la CIA » et « Pourquoi la Fondation Ford subventionne la contestation » par Paul Labarique, Réseau Voltaire, 5 et 19 avril 2004.

[4] « Quand la CIA finançait les intellectuels européens » par Denis Boneau, Réseau Voltaire, 27 novembre 2003.

[5] « Raymond Aron, avocat de l’atlantisme » par Denis Boneau, Réseau Voltaire, 21 octobre 2004.

[6] « Choc des civilisations : la vieille histoire du « nouveau totalitarisme » » par Cédric Housez, Réseau Voltaire, 19 septembre 2006.

[7] - Manufacturing Consent : The Political Economy of the Mass Media par Noam Chomsky, linguiste et philosophe, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et Edward S. Herman. Version française : La Fabrique de l’Opinion publique, Le serpent à Plumes éd., 2003.

[8] « CSIS, les croisés du pétrole », Réseau Voltaire, 6 juillet 2004.

[9] La Pieuvre. La mafia à la conquète du monde, 1945-1989 et Pax mafiosa, les multinationales du crime vont-elles s’emparer du pouvoir mondial ?, Robert Laffont éd., 1990 et 1993.

[10] Révélation$ par Denis Robert et Ernest Backes, Les Arènes éd., 2001. M. Backes a été administrateur du Réseau Voltaire.

[11] Who paid the piper par par Frances Stonor Saunders, productriuce de documentaires historiques pour la BBC, Granta Books éd., 1999. Version française : Qui mène la danse ? La Cia et la guerre froide culturelle, Denoël éd., 2003.

[12] « Freedom House : quand la liberté n’est qu’un slogan », Réseau Voltaire, 7 septembre 2004.

[13] Holocaust and Collective Memory par Peter Novick, Bloomsbury Publishing éd., 2001. Version française : L’Holocauste dans la vie américaine, Gallimard éd., 2001.

[14] « L’audiovisuel extérieur français : cahoteux, chaotique et ethniciste » par René Naba, Réseau Voltaire, 6 décembre 2006.

[15] « Evangelized foreign policy ? » par Howard LaFranchi, The Christian Science Monitor, 2 mars 2006. Version française : « Quand les évangéliques dictent la politique étrangère américaine », Le Courrier International, n°803 du 23 mars 2006.


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27 octobre 2006

presse libre et presse enchainée.

Classement mondial de la liberté de la presse 2006

Corée du nord, Turkménistan, Erythrée : le trio infernal

La France, les Etats-Unis et le Japon perdent encore des places ; Haïti et la Mauritanie progressent rapidement

Reporters sans frontières publie aujourd’hui son cinquième classement mondial de la liberté de la presse. Alors que les Etats les plus répressifs restent les mêmes, des pays en développement se glissent en tête du classement, devançant souvent les démocraties occidentales.

"Malheureusement, rien ne change chez les pires prédateurs de la liberté de la presse dans le monde. Les journalistes nord-coréens, érythréens, turkmènes, cubains, birmans ou chinois paient de leur vie ou de leur liberté le fait de vouloir nous informer, a déclaré Reporters sans frontières. Ces situations sont extrêmement graves et il est urgent que les dirigeants de ces Etats acceptent la critique et cessent de réprimer systématiquement les médias de la manière la plus violente".

"Chaque année, de nouveaux pays de l’hémisphère Sud gagnent des places et se positionnent devant des Etats européens ou les Etats-Unis. C’est une bonne nouvelle qui prouve, une fois de plus, que même très pauvres, des pays peuvent se montrer particulièrement respectueux de la liberté d’expression. En revanche, la lente mais constante dégradation de la situation aux Etats-Unis, en France et au Japon nous inquiète au plus haut point", a ajouté l’organisation.

Le trio infernal de la liberté d’expression (Corée du Nord, 168e et dernière position - Turkménistan, 167e - Erythrée, 166e) a encore durci le ton. La mort sous la torture, en prison, de la journaliste turkmène Ogoulsapar Mouradova, a montré que le président à vie Separmourad Niazov pouvait faire usage d’une violence extrême à l’égard de ceux qui osent le critiquer. Reporters sans frontières exprime également ses plus vives inquiétudes concernant le sort des journalistes érythréens emprisonnés au secret depuis plus de cinq ans maintenant. Et le tout-puissant Kim Jong-il maintient sa domination absolue sur la presse nord-coréenne.

Ce sont encore et toujours des pays d’Europe du Nord qui remportent cette course de la liberté d’expression. Aucun cas de censure et, bien entendu, aucune menace ni aucune intimidation ou représaille physique n’a été recensée en Finlande, en Irlande, en Islande et aux Pays-Bas, premiers ex-aequo de ce classement.

Dégringolade des Etats-Unis et du Japon, la France perd également des points

Les Etats-Unis (53e) ont perdu neuf places par rapport à l’an dernier. En 2002, lorsque Reporters sans frontières a établi son premier classement, les Etats-Unis se situaient en 17e position. L’atmosphère s’est nettement détériorée entre la presse et l’administration du président George W. Bush depuis que celle-ci, invoquant la sécurité nationale, tient pour suspect tout journaliste qui remettrait en cause sa "guerre contre le terrorisme". Le zèle de la justice fédérale, qui, à l’inverse de 33 Etats de l’Union, ne reconnaît pas à la presse le privilège du secret des sources, menace même des journalistes dont les enquêtes ne concernent en rien les affaires de terrorisme. Pour avoir refusé de livrer ses archives vidéo, le journaliste indépendant et blogger Josh Wolf a été envoyé en prison. Par ailleurs, la détention sans charge, depuis le 13 juin 2002, du cameraman soudanais d’Al-Jazira, Sami Al-Haj, sur la base militaire de Guantanamo, et celle du photographe d’Associated Press, Bilal Hussein, en Irak, depuis le 12 avril 2006, alourdissent ce bilan.

La France (35e) perd cinq places depuis l’année dernière et vingt-quatre places en cinq ans. La multiplication des perquisitions au sein de médias et des mises en examen de journalistes est un réel sujet de préoccupation pour les organisations professionnelles et les syndicats. Par ailleurs, l’automne 2005 a été particulièrement difficile pour les journalistes français. Plusieurs d’entre eux ont été agressés ou menacés lors du conflit syndical né de la privatisation de la SNCM, en Corse, et pendant les violentes manifestations dans les banlieues françaises, en novembre.

Le système restrictif des clubs de la presse (kisha clubs) et la montée du nationalisme menaçant certains acquis de la démocratie ont fait reculer le Japon (51e) de quatorze places. Le journal Nihon Keizai a été victime d’un attentat et plusieurs journalistes ont été agressés par des groupuscules d’extrême droite (uyoku).

Les conséquences de l’affaire des "caricatures de Mahomet"

Première victime de cette affaire, le Danemark (19e) a perdu sa place de leader en raison des graves menaces proférées à l’encontre des auteurs des caricatures du prophète Mahomet, à l’automne 2005. Pour la première fois au cours de ces dernières années, dans ce pays très respectueux des libertés fondamentales, des journalistes ont dû être placés sous protection policière en raison de menaces dues à leur travail.

Ensuite, le Yémen (149e) a perdu treize places, notamment en raison de l’arrestation de plusieurs journalistes et de la fermeture de médias qui avaient publié les dessins danois. D’autres professionnels de la presse ont été interpellés pour les mêmes raisons en Algérie (126e), en Jordanie (109e), en Indonésie (103e) et en Inde (105e).

En revanche, à l’exception du Yémen et de l’Arabie saoudite (161e), tous les Etats de la péninsule arabique ont connu une forte remontée dans le classement. Le Koweït (73e) conserve sa place de leader du monde arabe, juste devant les Emirats arabes unis (77e) et le Qatar (80e).

Des nouveaux venus dans le club des pays respectueux de la liberté d’expression

Deux pays ont fait leur apparition, pour la première fois, dans les vingt premiers. La Bolivie (16e) est le premier Etat de l’hémisphère Sud. Les journalistes boliviens ont profité, au cours de l’année écoulée, d’une liberté comparable à celle de leurs confrères autrichiens ou canadiens. Néanmoins, la polarisation croissante entre les médias publics et privés, partisans et opposants du président Evo Morales pourrait compliquer la situation.

La Bosnie-Herzégovine (19e) continue sa lente remontée depuis la fin de la guerre en ex-Yougoslavie. Aujourd’hui, ce pays se comporte mieux que ses voisins membres de l’Union européenne comme la Grèce (32e) ou l’Italie (40e).

Egalement bien classé, le Ghana (34e) se situe en quatrième position pour le continent africain, derrière trois habitués de la tête de cet index : le Bénin (23e), la Namibie (26e) et l’île Maurice (32e). La presse ghanéenne travaille toujours dans des conditions économiques difficiles, mais elle est désormais débarrassée de toute menace de la part des autorités.

Enfin, le Panama (39e) bénéficie d’un contexte politique calme et serein, propice au développement d’un environnement médiatique libre et dynamique. Le pays a gagné près de trente places par rapport à l’an dernier.

La guerre, fossoyeur de la liberté de la presse

Le Liban est passé de la 56e à la 107e place en cinq ans. Victime en 2005 d’une série d’attentats et en 2006 des attaques israéliennes, la presse libanaise continue de souffrir de la situation politique exécrable de la région. Les médias libanais - parmi les plus libres et les plus expérimentés du monde arabe - ont besoin, de manière cruciale, d’un contexte apaisé et de garanties de sécurité. L’incapacité du gouvernement de l’Autorité palestinienne (134e) à maintenir la stabilité dans les Territoires et le comportement d’Israël hors de ses frontières (135e) menacent gravement l’exercice de la liberté d’expression au Moyen-Orient.

La situation est peu ou prou la même au Sri Lanka. Classé 51e en 2002, en temps de paix, le pays se retrouve cette année en 141e position, alors que les combats entre les forces armées et les rebelles tamouls ont repris de plus belle. Des dizaines de journalistes tamouls ont été victimes de violences après avoir été accusés par l’un des belligérants de soutenir le camp opposé.

L’état de la liberté de la presse au Népal (159e) a fluctué au gré du conflit qui secouait le pays depuis plusieurs années. La "révolution démocratique", en avril dernier, a immédiatement entraîné un regain des libertés fondamentales dans le pays. Le Népal devrait ainsi connaître une forte remontée dans le prochain classement de Reporters sans frontières.

Des changements de régime salutaires

Des changements à la tête de l’Etat sont parfois salutaires pour la liberté de la presse. Haïti est passé de la 125e place à la 87e en deux ans, suite au départ en exil de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, début 2004. Aujourd’hui, si plusieurs assassinats de journalistes restent impunis, la violence contre les médias a relativement baissé d’intensité.

Le Togo (66e) a gagné 29 places après la mort de Gnassingbè Eyadéma, en février 2005, l’arrivée de son fils à la tête du pouvoir et les efforts de réconciliation effectués avec la participation de l’opposition et soutenus par la communauté internationale.

Enfin, en Mauritanie, le coup d’Etat du mois d’août 2005 a mis fin à la forte censure qui s’abattait jusque-là sur la presse locale. 138e en 2004, le pays occupe désormais la 77e position, opérant l’une des plus importantes remontées dans ce classement.


- Critères pour l’établissement du classement mondial 2006
- Note méthodologique


Bilan par région :
- Afrique
- Amériques
- Asie
- Europe
- Moyen-Orient


Classement

Classement Afrique

Classement Amériques

Classement Asie

Classement Europe

Classement Moyen-Orient
Le classement
Rang Pays Note
1 Finlande 0,50
- Irlande 0,50
- Islande 0,50
- Pays-Bas 0,50
5 République tchèque 0,75
6 Estonie 2,00
- Norvège 2,00
8 Slovaquie 2,50
- Suisse 2,50
10 Hongrie 3,00
- Lettonie 3,00
- Portugal 3,00
- Slovénie 3,00
14 Belgique 4,00
- Suède 4,00
16 Autriche 4,50
- Bolivie 4,50
- Canada 4,50
19 Bosnie-Herzégovine 5,00
- Danemark 5,00
- Nouvelle-Zélande 5,00
- Trinidad et Tobago 5,00
23 Allemagne 5,50
- Bénin 5,50
- Jamaïque 5,50
26 Namibie 6,00
27 Lituanie 6,50
- Royaume-Uni 6,50
29 Costa Rica 6,67
30 Chypre 7,50
31 Corée du Sud 7,75
32 Grèce 8,00
- Maurice 8,00
34 Ghana 8,50
35 Australie 9,00
- Bulgarie 9,00
- France 9,00
- Mali 9,00
39 Panama 9,50
40 Italie 9,90
41 El Salvador 10,00
- Espagne 10,00
43 Taïwan 10,50
44 Afrique du Sud 11,25
45 Cap-Vert 11,50
- Macédoine 11,50
- Mozambique 11,50
- Serbie-Monténégro 11,50
49 Chili 11,63
50 Israël (territoire israélien) 12,00
51 Japon 12,50
52 République dominicaine 12,75
53 Botswana 13,00
- Croatie 13,00
- Etats-Unis (territoire américain) 13,00
- Tonga 13,00
57 Uruguay 13,75
58 Fidji 14,00
- Hong-Kong 14,00
- Pologne 14,00
- Roumanie 14,00
62 Chypre (partie Nord) 14,50
- Guinée-Bissau 14,50
- Honduras 14,50
- République centrafricaine 14,50
66 Madagascar 15,00
- Togo 15,00
68 Equateur 15,25
69 Nicaragua 15,50
70 Burkina Faso 16,00
- Kosovo 16,00
- Lesotho 16,00
73 Congo 17,00
- Koweït 17,00
75 Brésil 17,17
76 Argentine 17,30
77 Emirats arabes unis 17,50
- Mauritanie 17,50
- Sénégal 17,50
80 Albanie 18,00
- Qatar 18,00
82 Paraguay 18,25
83 Timor-Leste 18,50
84 Liberia 19,00
85 Moldavie 19,17
86 Mongolie 19,25
87 Haïti 19,50
88 Tanzanie 19,82
89 Géorgie 21,00
90 Guatemala 21,25
91 Angola 21,50
92 Malaisie 22,25
93 Comores 22,50
- Zambie 22,50
95 Niger 24,50
- Seychelles 24,50
97 Maroc 24,83
98 Bhoutan 25,00
- Côte d’Ivoire 25,00
- Turquie 25,00
101 Arménie 25,50
- Malawi 25,50
103 Indonésie 26,00
- Sierra Leone 26,00
105 Inde 26,50
- Ukraine 26,50
107 Liban 27,00
108 Cambodge 27,25
109 Guinée 27,50
- Jordanie 27,50
111 Bahreïn 28,00
112 Cameroun 28,25
- Pérou 28,25
114 Gabon 28,50
115 Venezuela 29,00
116 Ouganda 29,83
117 Tadjikistan 30,00
118 Kenya 30,25
119 Etats-Unis (hors territoire américain) 31,50
120 Nigeria 32,23
121 Djibouti 33,00
122 Thaïlande 33,50
123 Kirghizistan 34,00
124 Tchad 35,50
125 Burundi 39,83
126 Algérie 40,00
127 Swaziland 40,50
128 Kazakhstan 41,00
- Rwanda 41,00
130 Afghanistan 44,25
131 Colombie 44,75
132 Mexique 45,83
133 Egypte 46,25
134 Autorité palestinienne 46,75
135 Azerbaïdjan 47,00
- Israël (hors territoire israélien) 47,00
137 Bangladesh 48,00
- Guinée équatoriale 48,00
139 Soudan 48,13
140 Zimbabwe 50,00
141 Sri Lanka 50,75
142 Philippines 51,00
- République démocratique du Congo 51,00
144 Maldives 51,25
- Somalie 51,25
146 Singapour 51,50
147 Russie 52,50
148 Tunisie 53,75
149 Gambie 54,00
- Yémen 54,00
151 Bélarus 57,00
152 Libye 62,50
153 Syrie 63,00
154 Irak 66,83
155 Viêt-nam 67,25
156 Laos 67,50
157 Pakistan 70,33
158 Ouzbékistan 71,00
159 Népal 73,50
160 Ethiopie 75,00
161 Arabie saoudite 76,00
162 Iran 90,88
163 Chine 94,00
164 Birmanie 94,75
165 Cuba 95,00
166 Erythrée 97,50
167 Turkménistan 98,50
168 Corée du Nord 109,00
Classement mondial - 2005 Classement mondial - 2004 Classement mondial - 2003 Classement mondial - 2002

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24 octobre 2006

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Une vie qui n’est pas une vie

Shahar Ilan


publié le lundi 23 octobre 2006.


Simplement pour des raisons bureaucratiques, ils n’ont pas de statut. Et parce qu’ils n’ont pas de statut, ils n’ont pas de carte d’identité, ils risquent l’arrestation à tout instant... Ils sont présents absents, les fantômes de l’administration de la population.

L’univers d’Anouar Razem, un habitant de Jérusalem-Est, c’est l’appartement de son père, près de la Porte de Naplouse, la cour et l’échoppe qui est en bas. S’il s’éloignait, fût-ce de quelques dizaines de mètres, il serait arrêté par les policiers de la surveillance de la frontière, dont beaucoup sont présents en permanence dans le secteur. Lorsque Odeh Al-Yadah, du village non reconnu de Bir Badaj, a été blessé dans un accident de circulation, il a décliné la proposition insistante du conducteur de l’emmener à l’hôpital, en dépit de lésions internes non négligeables. La peur du système israélien était plus grande que l’inquiétude concernant ses blessures.

Lorsque Razem a demandé la main de l’élue de son cœur, le père de celle-ci lui a dit qu’il y aurait moyen d’en parler une fois qu’il aurait une carte d’identité. Al-Yadah a travaillé toute sa vie comme berger, d’abord à garder du menu bétail puis comme gardien de chameaux, et il n’a aucune possibilité de trouver un travail régulier.

Tous deux sont des héros des deux premiers chapitres de la série des Inexistants, publiée ces dernières semaines dans Haaretz et qui se penche sur des Israéliens qui n’ont aucun statut officiel, ni ici ni nulle part ailleurs dans le monde.

Ce qu’ils ont en commun, c’est de ne pas être dans la situation habituelle du séjour illégal. Ils sont nés ici ou vivent ici depuis des dizaines d’années et il n’ont nulle part d’autre où aller. Simplement pour des raisons bureaucratiques, ils n’ont pas de statut. Et parce qu’ils n’ont pas de statut, ils n’ont pas de carte d’identité, ils risquent l’arrestation à tout instant, ils n’ont pas d’assurance maladie, ils n’ont pas la possibilité d’obtenir un permis de conduire et ils ne peuvent pas travailler en conformité avec la loi. Ils sont présents absents, les fantômes de l’administration de la population.

Un autre point qu’ils ont en commun, c’est que leur problème ne disparaîtra pas, car il n’est pas possible de les expulser. Il n’y a nulle part où les expulser. L’Etat a dès lors deux possibilités. La première, c’est de leur octroyer le statut d’habitants, leur permettant de travailler et de faire vivre leur famille. La seconde, les laisser dans leur statut transparent. Au bout du compte, le cœur de beaucoup d’entre nous est fruste, grossier, quand il s’agit de la détresse de non juifs. Que le problème soit résolu ou qu’il ne le soit pas, l’affaire sera sans influence sur la balance démographique, puisque ces gens se trouvent ici, même si on ne les compte pas.

Sauf que si le problème n’est pas résolu, il ira en empirant, en se multipliant, triplant, quadruplant sur un nombre d’années pas si élevé. Des dizaines et des dizaines de femmes bédouines dépourvues de statut, donnent naissance à de nombreux enfants en leur léguant cette terrible inexistence. Des responsables de la sécurité parlent de l’Intifada des Bédouins en se demandant non pas si, mais quand elle aura lieu. On peut raisonnablement supposer que des dizaines ou des centaines de jeunes gens qui n’ont pas de statut, pas de possibilité de travailler, pas d’avenir, pas d’espoir, verseront beaucoup d’huile sur ce feu-là.

Mais pourquoi l’administration de la population ne résout-elle pas le problème ? Peut-être les gens de l’administration se considèrent-ils comme les gardiens des portes de l’Etat des Juifs par l’octroi d’un statut au moins possible de non-juifs. La réponse officielle de l’administration de la population est que chacun peut introduire une demande et que l’administration ne va pas sur le terrain pour rechercher les problèmes. Cette réponse est très belle en théorie. Dans la réalité, il s’agit en général de personnes sans éducation, qui ne savent pas l’hébreu, qui ne comprennent pas la bureaucratie, qui ne peuvent pas travailler et qui n’ont pas de quoi payer un avocat. Il s’agit des personnes les plus faibles de la société, qui n’ont aucune chance au milieu des tribulations qui mènent au bureau de la population ; au lieu de leur tendre la main, nous manifestons de l’insensibilité à leur souffrance et nous montrons hostiles à leur égard.

Il faut instaurer une commission publique pour une solution au problème des sans statut. La commission doit essayer d’identifier ces sans statut en s’appuyant sur le témoignage de proches, de chefs de communauté et sur les rares documents dont ils disposent, pour leur octroyer un statut d’habitant. D’ici là, chaque fois que la société israélienne regardera dans le miroir, les inexistants apparaîtront du plus loin de ses marges pour demander satisfaction de cette vie qui n’est pas une vie et vers laquelle nous les avons repoussés.

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post-mortem

Enderlin blanchi. Le Figaro du 20 octobre rapporte, dans un article intitulé « France 2 blanchie pour l’image choc de l’intifada », que « le tribunal correctionnel de Paris a condamné hier Philippe Karsenty pour diffamation envers France 2 et son correspondant à Jérusalem, Charles Enderlin. Le directeur du site de « Notation des médias » Media-Ratings devra verser 1 000 euros d’amende et un euro à chacune des parties civiles ». Rappelons que l’agence Media-Ratings contestait l’authenticité des images de la mort du petit Mohammed Al-Doura, survenue dans les premiers jours de la seconde Intifada, et qui ont fait le tour du monde. Les juges ont estimé ainsi les arguments de Media-Ratings : « Provenant d’une source unique - une agence de presse israélienne - qui a formulé une telle accusation tardivement, près de deux ans après la diffusion du reportage, reposant essentiellement sur des extrapolations et des amalgames, (la démonstration du prévenu) se nourrit d’affirmations péremptoires auxquelles aucune autorité officielle israélienne - ni l’armée, pourtant concernée au premier chef, ni la justice - n’a jamais accordé le moindre crédit [...] S’il était incontestablement légitime [...] de s’interroger sur un événement qui eut un tel retentissement médiatique dans le monde et de formuler des critiques à l’égard du commentaire « à chaud » de Charles Enderlin [...] le prévenu, en reprenant à son compte, sans distance ni analyse critique de ses propres sources, la thèse d’une mise en scène à des fins de propagande [...] a manqué à l’exigence de sérieux attendu d’un professionnel de l’information. » L’agende Media-Ratings a décidé de faire appel.

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20 octobre 2006

égalité

Israël :
les villages arabes veulent une indemnisation identique à celle des villages juifs


Irin

publié le jeudi 19 octobre 2006.


Tel Aviv - Les commerçants et entrepreneurs de quatre villages arabes du nord d’Israël attendent la décision du tribunal sur l’obtention de la même indemnisation intégrale que leurs homologues israéliens juifs pour les dommages subis récemment durant la guerre entre Israël et la branche armée du Hezbollah, parti politique du Liban.


Les organisations arabes d’Israël disent que le conflit Israël/Hezbollah [du 12 juillet au 14 août] a frappé plus durement les communautés arabes car elles étaient généralement pauvres. Les villages de Arab al-Aramshe, Fasuta, Ma’alia et Jesh ont subi de sérieux dommages pendant le conflit mais on leur refuse l’indemnisation intégrale qui est attribuée au villages juifs voisins.

« Je suis très pessimiste. J’ai perdu environ 215 000 shekels [environ US $ 50 580 ou 40 400 €] parce que j’ai dû arrêter mon affaire pendant la guerre. Maintenant, il est presque impossible de continuer » dit l’opticien Abeer Shehada, un israélo-arabe d’âge moyen. « J’habite à Jesh, juste à quelques kilomètres du Liban. Si j’habitais dans un village juif si près de la frontière, je recevrais toute l’indemnité mais parce que je suis à Jesh, je ne l’ai pas. » ajoute Sheada dont la maison a été touchée par un missile, de même que son commerce.

Il y a plus d’un million d’Israélo-arabes en Israël qui représentent environ 20% de la population. Environ 600 000 d’entre eux vivent dans le nord d’Israël, ils ont subi de lourds dégâts par les 3 970 roquettes tirées par le Hezbollah pendant le conflit.

L’organisation Adalah qui défend les droits de la minorité israélo-arabe a déposé un dossier judiciaire au nom des 4 villages arabes exigeant du gouvernement de modifier sa position n’accordant qu’une indemnisation partielle et non totale. « Les missiles du Hezbollah n’ont pas fait de distinction entre les Arabes et les Juifs, il n’y a alors aucune raison pour que les indemnités en fassent » dit l’avocat d’Adalah, Sawsan Zaher.

« Il n’y a aucun abri contre les bombardements dans toutes les villes arabes du nord d’Israël - même pas à Nazareth [qui compte une population globale de 60 000 habitants] » dit le Dr Basil Ghattas, directeur général de la société Galilée qui milite pour l’égalité des droits médicaux, environnementaux et socio-économiques pour les Israélo-arabes.

Selon la fédération des Chambres de commerce israéliennes, les entreprises du nord d’Israël ont perdu 5,9 milliards de shekels israéliens en revenus [US $ 1,4 milliard ou 1 milliard 100 millions €] du fait de la guerre.

Ghattas précise que la guerre a « eu un impact énorme sur les communautés arabes dans le nord parce qu’elles étaient d’avance plus vulnérables. Elles ont des taux de chômage élevés et sont toujours les premières à être touchées si les commerces ont à souffrir d’un conflit - comme c’est arrivé cette fois-ci. » « Beaucoup de petites entreprises arabes ont été sévèrement pénalisées car la région entière s’est trouvée en permanence sous l’agression, par exemple les restaurants qui étaient prisés par les touristes » dit-il.

Le système d’Israël pour payer les indemnités après le conflit avec le Hezbollah libanais est compliqué. Dans les années 1970, les villes israéliennes proches de la frontière libanaise avaient reçu le statut de villes frontière. Ceci donnait droit aux entreprises de ces villes à une indemnisation intégrale si une guerre interrompait ou endommageait les commerces, y compris les dommages matériels et les annulations de contrats, de même que les charges d’impôts ou de loyers. Le 31 juillet, le gouvernement israélien a dressé une nouvelle liste des villes frontières dans tous les secteurs touchés par les roquettes du Hezbollah, dont des cités comme Haïfa et Nazareth. Mais les commerçants et entrepreneurs dans les villes de la nouvelle liste peuvent n’avoir droit qu’à des indemnités partielles, selon que leur personnel a pu continuer à travailler ou non pendant la guerre.

Adalah soutient que le même régime d’indemnisation doit exister pour tous les commerces dans le nord d’Israël car la répartition des tirs de missiles était uniforme. Le litige est maintenant devant la Cour suprême israélienne où le gouvernement israélien doit défendre sa position le 30 octobre.

Selon Yariv Ovadin, porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien, c’est à la Cour de rendre sa décision sur l’indemnisation maintenant. « Il appartient aux juges de décider. Nous avons un système très bien établi, très utile pour les minorités » dit Avadin qui ajoute qu’Israël n’a fait aucune discrimination à l’encontre de la minorité arabe. « Je rejette absolument les allégations de racisme ». « Ce conflit contre le Hezbollah est le premier cas où nous avons été confrontés à des bombardements des villes arabes. Personne n’avait imaginé qu’une telle chose se produirait. Il a été surprenant de voir des citoyens arabes bombardés par un ennemi arabe, cela n’était jamais arrivé auparavant. » « Je suis sûr que la situation à propos des abris anti-bombardements dans les secteurs arabes va changer. Il peut y avoir eu un mauvais calcul de la part du gouvernement mais pas sur une base raciste » dit Ovadin. Et il ajoute : « Tout le réseau d’abris contre les bombardements a été négligé. Dans des villes juives comme Kiryat Shmona, il n’y a eu aucun travaux de faits sur les abris depuis 15 ans - nous pensions que les jours de missiles étaient derrière nous ».

***

Cet article est publié via IRIN, service humanitaire d’information et de nouvelles des Nations unies, mais il ne reflète pas nécessairement les opinions des Nations unies ou de ses agences. IRIN est un projet de l’ONU pour la coordination des affaires humanitaires.

Voir aussi l’article de Jonathan Cook : "Israël se sert-il des villages arabes comme de boucliers humains ?" publié le 21 juillet.

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18 octobre 2006

Etat sauvage:armes intelligentes

babyandgun

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Monde
L’armée israélienne se déchaîne sur Gaza

Palestine . De nouvelles incursions israéliennes ont fait 21 morts en trois jours. Une enquête tend à prouver que Tsahal utilise une arme expérimentale particulièrement terrible.

Bande de Gaza, envoyé spécial.

Jeudi, le ministre travailliste israélien de la Défense, Amir Peretz, avait donné l’ordre à l’armée d’étendre ses opérations sur la bande de Gaza, officiellement pour empêcher de nouvelles attaques de roquettes contre les localités du sud d’Israël. Les militaires, qui ont installé un centre de détention provisoire à la frontière avec la bande de Gaza pour y interroger les Palestiniens arrêtés lors des dernières incursions, se sont exécutés sans rechigner.

Samedi après-midi, un avion de Tsahal a tiré trois missiles contre une voiture transportant plusieurs hommes, en tuant au moins un, selon des responsables de la sécurité palestiniens. Tôt le même jour, six hommes, dont cinq militants du Hamas, avaient trouvé la mort dans une première frappe aérienne. Quinze personnes ont également été blessées, dont deux gravement, dans ces frappes. Plus d’une dizaine de chars israéliens ont également pénétré la zone, appuyés par des hélicoptères de combat.

Des fusillades entre soldats israéliens et Palestiniens ont également éclaté après qu’un missile antichar a tenté d’arrêter la progression d’un bulldozer israélien venu détruire des habitations et des champs d’oliviers. En trois jours, 21 Palestiniens ont ainsi été tués, dont une femme et un enfant de treize ans. Ce qui porte à 5 434 le nombre de personnes tuées depuis le déclenchement de l’Intifada fin septembre 2000, en grande majorité des Palestiniens, selon un bilan établi par l’AFP.

Samedi après-midi, dans le camp de Jabaliya, particulièrement visé par l’incursion israélienne, ils étaient des milliers à participer à l’enterrement des victimes. Dans la mosquée, les corps enveloppés dans un linceul vert, symbole de l’islam et drapeau du Hamas, étaient posés à même le sol, alors que les croyants s’agenouillaient pour prier. Le recueillement terminé, c’est la colère qui s’exprimait dans les rues de ce camp dépourvu de tout et soumis aux agressions incessantes de l’armée israélienne.

Cette nouvelle offensive israélienne est d’autant plus inquiétante que des voix se font entendre au sein de Tsahal pour que la bande de Gaza soit de nouveau réinvestie. Ce qui mettrait à bas tous les efforts diplomatiques déployés pour faire libérer le soldat israélien capturé le 24 juin dernier alors qu’il se trouvait en opération, en échange de prisonniers palestiniens.

Plus grave encore, selon une enquête menée par une équipe de télévision israélienne de la RAI-24 et reprise par le quotidien israélien Haaretz, Israël utiliserait, dans la bande de Gaza, une arme expérimentale particulièrement terrible. Selon des médecins de Gaza, les blessures occasionnées par cette nouvelle arme provoquent l’amputation des membres, brûlent les corps sans que l’on décèle des éclats métalliques. Certains médecins affirment même qu’ils ont extrait des particules qui n’étaient pas décelables aux rayons X.

Le docteur Habas Al Wahid, responsable de l’antenne d’urgence de l’hôpital Shuhada al-Aqsa à Deir el-Balah, explique que les jambes des blessés étaient détachées des corps « comme si une scie avait été utilisée pour couper l’os ». Il y avait des signes de chaleur et de brûlure près du point d’amputation, mais aucun signe que ce démembrement avait été causé par un fragment de métal. Le docteur Juma Saka, de l’hôpital Shifa, à Gaza City, confirme qu’une poudre « comme des éclats microscopiques » a été retrouvée sur les corps et dans les organes des victimes. Des éléments qui ne sont pas sans faire penser à une arme de caractère similaire mise au point par les États-Unis, baptisée DIME (dense inert metal explosive), dont le but est de détruire une cible en occasionnant des dégâts minimaux aux alentours. Si l’utilisation de cette arme est avérée, elle pourrait bien correspondre aux constatations faites par les médecins libanais, lors de la guerre menée cet été par Israël.

Pierre Barbancey

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29 septembre 2006

Journal.

p01Ce matin, je me suis dit :" Mets le jour a profit!carpe diem! crée ton journal!".
Alors voilà je suis à la tete d'une entreprise médiatique, déstinée à parler de tout, parce que je suis pas sectaire et que aussi plus de fous nous sommes( + de 6 milliards , quand meme...) plus les multinationales des médicaments deviennent obéses; ce qui fait que le serpent se mord la queue, puisque l'obésité serait devenue fléau mondial:Les nourrir Pour Les guérir! voilà le programme civilisationnel, qui intégre avec le gavage des oesephages, le bourrage des esprits.
CarIl y'a aussi le VOYEURISME GENERALISE que présente pour du spectacle ou pour de l'info ceux qui s'en nourrissent et prospérent qu'ils soient simple fantassin-journaliste-presentateur vedette-intervieweursurpayépourlanguedeboisdemocratisee-animateurarchifriqué- pour public regressif-et consentant- à servir de cobaye perpetuel pour l'experience pavlovienne permanente
.Exemple de ce regard pervers devenu le point de vue dominant:Cette une de journal régionale(on the left, oui je sais elle n'y'est pas, parce que le modérateur pourrait me tacler pour vice de forme...) titre,en bon francais "l'apocalypse" à propos du razage des villes et des villages libanais par l'armmée d'Israel.Mais "L'Apocalypse", ne concerne en l'occurence que les populations civiles qui etaient sous les bombes.Le spectacle lui concerne une vaste partie des gens qui regardent les images, de quelle nature qu'elles soient.

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